Institut du Patrimoine wallon

Symposium international « Patrimoine » à Liège, 8 août 2017

Ce  8 août 2017, un symposium international spécialement dédié au « Patrimoine » se déroulera à Liège dans le cadre de la Conférence Mondiale des Humanités 2017 « Défis et responsabilités pour une planète en transition » (6-12 août 2017). Intitulé « Préservation du patrimoine culturel: moteur de dialogues entre tous les acteurs et professionnels du patrimoine dans une dynamique de diversité culturelle », ce symposium rassemblera dix-sept experts en Patrimoine venant de Haïti, France, Tunisie, Belgique, du Bénin, Burkina Faso, Maroc, Sénégal et permettra d’apporter un regard dans ce domaine venant enrichir les débats de la Conférence mondiale.

En effet, le patrimoine pris dans sa diversité est indéniablement une richesse de notre Humanité. Force est de constater que la préservation de celui-ci passe par toute une chaîne d’acteurs et de professionnels au niveau local, national et international dans la complémentarité des différents piliers actifs dans le secteur: organisations internationales, Etats, Villes, sociétés civiles, secteur privé et professionnels. Un patrimoine préservé peut être alors un moteur de dialogues et de cohésion sociale puissant du niveau local jusqu’à l’international dans une dynamique basée sur la diversité culturelle renforcée par les mises en réseaux.

Ce symposium a reçu, outre le soutien de la Conférence mondiale des Humanités, l’appui de Wallonie-Bruxelles International (WBI) qui a repris l’évènement dans son calendrier anniversaire des 20 ans de collaboration avec Haïti. Dans ce cadre, Madame Michèle Pierre Louis, Présidente de la FOKAL, et Monsieur Freddy Joris, Administrateur général de l’IPW co-présideront le symposium. Celui-ci a reçu, par ailleurs, le patronage de la Commission belge francophone et germanophone pour l’UNESCO et constituera un évènement-phare du Réseau francophone du Patrimoine.

Ce symposium se déroulera le 8 août 2017 de 14h30 à 16h et de 18h30 à 20h à Liège à la Salle THIRY - Place République française, 41  - 4000 Liège

 

Inscriptions :

Pour y assister, les inscriptions sont obligatoires (25 € - donnant accès à toutes les activités de la semaine de la CMH également): www.humanities2017.org

Infos complémentaires :

Présentation du symposium (en pdf)

 

 

 

 

Le chantier-école de l’abbatiale, phase 2

 

 

L’histoire du site

 

La fondation de l’abbaye de la Paix-Dieu remonte au milieu du 13e siècle, lorsqu’une communauté de moniales cisterciennes, initialement installée dans le village hesbignon d’Oleye, s’établit sur le site en 1244. Les bâtiments de style «Renaissance mosane » conservés datent des 17e et 18e siècles. L’abbatiale date de 1719. Si la ferme est encore en bon état, la partie conventuelle a subi d’importantes dégradations après sa vente comme bien national en 1797 et la dispersion des religieuses.

 

La restauration

 

En date du 4 octobre 1974, un arrêté royal classait comme monument, en raison de sa valeur historique et artistique, l’ancienne abbaye de la Paix-Dieu à Amay. La Région a conclu un bail emphytéotique avec le propriétaire privé et y a installé le Centre des métiers du patrimoine de l’Institut du Patrimoine wallon.

La mission complète d’architecture et d’ingénierie portant sur la restauration et la réaffectation de l’abbatiale de la Paix-Dieu a été attribuée en 2006, suite à un concours d’architecture organisé en 2005, au bureau d’Architecture Alain Dirix (AAD scprl).

 

Outre l’aménagement des abords, le chantier de l’abbatiale marque la dernière grande étape dans le sauvetage programmé de l’ancienne abbaye de la Paix-Dieu. En effet, depuis la note déposée au Gouvernement wallon par le Ministre André Baudson en avril 1995, proposant la création du Centre des métiers du patrimoine à la Paix-Dieu, et avec le soutien des différents ministres du patrimoine qui se sont succédé, pas moins de 7 chantiers ont été réalisés, dont 2 sont toujours en cours. Budgétairement, la Région a déjà investi à ce jour un peu plus de 15 millions d’euros pour la  restauration et l’aménagement du site de l’ancienne abbaye.

 

L’abbatiale accueillera :

-       1 atelier par technique : maçonnerie, chaux-enduits, décors, ferronnerie (forge) ;

-       1 salle de dessin ;

-       1 local pour des « applications théoriques » ;

-       1 classe ;

-       1 bureau pour les techniciens de maintenance et le responsable technique ;

-       1 local pour entreposage du matériel des techniciennes de surface ;

-       des locaux de stockage pour les matériaux ;

-       stockage des appareils de manutention ;

-       zone de stockage pour les produits dangereux ;

-       zone matériauthèque  en lien avec chaque atelier ;

-       zone pour les « intercours » (machines boissons, sièges…).

 

Le chantier-école

Le chantier-école est inséré comme un « Lot séparé » dans l’ensemble des travaux de restauration du site de la Paix-Dieu et il représente un aboutissement après 17 années d’organisation de formation par le Centre des métiers du patrimoine « la Paix-Dieu »

L’abbatial est la dernière étape de la restauration du site et le monument le plus emblématique et le plus grand. L’IPW a décidé de réaliser les travaux dans le cadre d’un chantier-école organisé au sein de son institution le Centre des métiers du patrimoine. Il s’agit d’une belle opportunité permettant de mettre en évidence la formation en alternance et un partenariat avec l’IFAPME

 

Le chantier de restauration, est par nature, l’opération la plus délicate, car elle doit assurer la meilleure adaptation possible du projet avec la réalité du monument. C’est donc la meilleure opportunité pour de l’apprentissage, car il ne s’agit pas d’appliquer des recettes, mais de combiner observation, savoir-faire et connaissance de techniques anciennes. Il faudra également définir les adaptations nécessaires pour préserver les détails qui caractérisent l’abbatiale et adapter avec intelligence de nouveaux matériaux aux contraintes des anciens.

 

Les huit  apprentis sont confrontés comme les autres entreprises aux problèmes de coordination, de délai, à l’obligation de résultat... Ils participent au suivi du chantier, aux contacts avec les bureaux d’étude d'architecture et à l'administration du patrimoine. Ils sont encadrés par quatre formateurs. Le chantier école a commencé en avril et se terminera en novembre.

 

 

 

Code wallon du Patrimoine

Sur proposition de Maxime PREVOT, Ministre wallon du Patrimoine, le Gouvernement wallon a approuvé, en première lecture, l’avant-projet de décret mettant en place le premier Code wallon du Patrimoine. Ce Code ambitieux va enfin rassembler toutes les dispositions en matière de Patrimoine dans un seul et même texte, ce qui permettra notamment de faciliter et de simplifier les démarches administratives pour les propriétaires de biens classés.

 

Depuis l’adoption, par le Parlement de Wallonie, du Code du Développement territorial (CoDT) en juillet 2016, patrimoine et aménagement du territoire sont amenés à fonctionner de façon autonome bien que leur articulation reste fondamentale.

 

La création d’un Code propre au patrimoine s’imposait donc puisque la politique du patrimoine mérite et nécessite une législation claire, simplifiée dans ses arcanes et accélérée par notamment l’introduction de délais de rigueur. De plus cette réforme va de pair avec l’organisation de la nouvelle Administration unique qui en aura la charge dès le 1er janvier 2018, l’Agence wallonne du Patrimoine (AWaP). 

 

Par cette réforme, Maxime PREVOT, Ministre wallon du Patrimoine, met en place des procédures clairement définies et moins contraignantes pour les propriétaires.

 

Concrètement, le nouveau Code adapte la réglementation antérieure et se dote d’outils de gestion novateurs. Il prévoit notamment :

 

-      l’établissement d’outils d’aide à la décision : inventaire unique du patrimoine, carte du zonage archéologique et fiche patrimoniale des biens immobiliers. Ces outils viendront structurer la gestion des biens patrimoniaux et permettront de motiver les remises d’avis, les prescriptions et l’octroi des subsides par la future Agence wallonne du Patrimoine ;

 

-      la mise en place d’un permis conjoint urbanisme-patrimoine en matière d’actes et travaux de restauration sur les monuments et les ensembles architecturaux classés. Cette mesure remplace la double procédure actuelle qui consiste à faire précéder un permis d’urbanisme par la délivrance d’un certificat de patrimoine ; 

 

-      la mise en place de responsables régionaux du Patrimoine quiauront pour mission la délivrance de permis et d’avis pour les travaux touchant le patrimoine.Ces responsables travailleront en étroite collaboration avec les fonctionnaires délégués à l’urbanisme de manière à renforcer les nécessaires articulations transversales tout en assurant une présence sur le terrain;

 

-      la création de « Périmètres d’intérêt patrimonial » (PIPa) qui identifieront les zones privilégiées retenant l’attention des gestionnaires du patrimoine, autour des biens classés et inventoriés, en application des Conventions internationales auxquelles la Wallonie adhère. Ces PIPa remplaceront à terme plusieurs outils existants (zone de protection, zone tampon, etc.) au bénéfice d’un outil de gestion unique et spécifique au patrimoine, qu’il concerne les biens classés ou non.

 

Ce nouveau décret s’inscrit pleinement dans la préoccupation portée par les rédacteurs du CoDT en matière de simplification administrative et de clarification des procédures. Le Code du patrimoine prévoit notamment :

 

  1. la réduction de délais d’instruction de la procédure de classement.  Cette procédure passe de minimum 210 jours à 135 jours maximum ;
  2. la disparition du Certificat de patrimoine dont les procédures, exigences et délais posent régulièrement question actuellement, notamment par le fait que le dossier d’exécution des travaux (plans, métrés, cahier des charges) doit être établi avant même la demande de permis ;
  3. La délivrance des permis conjoints urbanisme-patrimoine par la Région et non plus par les communes (environ 50 dossiers concernés sur les 150 permis/an) ; 
  4. la mise en place de délais de rigueur dans le cadre de l’obtention du permis conjoint permet de passer d’un minimum de 315 jours (délai incertain de l’obtention du certificat de patrimoine) à un maximum de 200 jours (délai de rigueur) ;
  5. La mise en place d’une procédure unique de simple information pour les travaux ne nécessitant pas de permis d’urbanisme, au lieu de trois actuellement (déclaration préalable, mesures conservatoires d’urgence et maintenance, avec une différenciation budgétaire selon les cas) ; 
  6. La mise en place d’un seul processus de remise d’avis émanant de l’AWaP pour les travaux en site classé, en zone de protection et dans les futurs PIPa;
  7. La formalisation d’une procédure d’information systématique (et non plus aléatoire) pour les travaux situés dans une zone où la présence de vestiges est avérée (zone sensible)  de la carte du zonage archéologique.  Aujourd’hui, toutes les demandes de permis, quelles qu’elles soient, sont analysées par les services de l’archéologie de la DGO4 du Service Public de Wallonie. Désormais, seuls les travaux prévus dans cette zone génèreront une information préalable obligatoire.

 

Par ailleurs, le nouveau Code organise 3 catégories de biens pour lesquels les processus administratifs sont adaptés en fonction de la nature et du statut du bien. Ainsi :

-          pour les Monuments classés et les Ensembles architecturaux:

  • une information préalable de la part du propriétaire est nécessaire pour les actes et travaux d’entretien et de maintenance qui ne demandent pas de permis d’urbanisme ainsi que pour les mesures et travaux conservatoires d’urgences,
  • la délivrance d’un Permis conjoint accordé par le Fonctionnaire délégué à l’Urbanisme  et par le Responsable régional du Patrimoine est obligatoire pour les actes et travaux de restauration ;

 

-          pour les travaux dans les actuels Sites classés et les zones de protection et dans lesfuturs Périmètres d’intérêt patrimonial, le responsable régional du patrimoine remettra un avis simple qui sera reproduit dans l’avis conforme du fonctionnaire délégué de l’Urbanisme;

 

-          pour la couche sensible de la carte du zonage archéologique : une information préalable de l’AWaP est obligatoire en amont de la demande de permis dans la zone sensible. 

 

Le renouvellement de la Commission royale des monuments, sites et fouilles sera l’occasion d’adapter son fonctionnement aux nouvelles procédures.  Ses missions seront notamment recentrées sur la création des périmètres d’intérêt patrimonial, sur les remises d’avis en matière de permis conjoints sur biens classés et dans le processus d’autorisation des fouilles archéologiques.

 

Enfin, selon la Confédération de la Construction wallonne, le patrimoine constitue un levier économique important, grand pourvoyeur d’emplois. En effet, par million € investi dans la restauration du patrimoine, 18 emplois directs sont créés (pour 12 emplois dans le secteur de la construction de façon générale). Le Code du Patrimoine facilitant les procédures, l’alliance Patrimoine-Emploi lancée en janvier 2016, le nouveau décret permettant l’exemption conditionnée des droits de succession et de donation sous réserve de travaux de restauration sur les biens classés ainsi que les mesures prises contre le dumping social, constitueront une possibilité inégalée d’offrir des emplois qualifiés, via nos entreprises wallonnes spécialisées en la matière.

 

Maxime PREVOT se réjouit de donner au patrimoine toutes les dispositions nécessaires pour fonctionner en toute autonomie. Le futur Code du patrimoine proposera une gestion simplifiée et plus claire des dossiers, ce qui aura pour effet d’apporter une légitimité au patrimoine wallon. La simplification administrative devrait en effet ravir les propriétaires de biens classés publics ou privés ainsi que tous les acteurs, professionnels et passionnés, pour  un meilleur patrimoine.