Institut du Patrimoine wallon

Quelques réalisations

Depuis la création de l'Institut du Patrimoine wallon en 1999, la Direction des Missions immobilières a généré, mené elle-même ou accompagné, tant sur les monuments dits en difficulté que sur les propriétés régionales un total de près de 152.831.000 € de chantiers achevés ou en cours sur 78 biens différents, dont voici quelques exemples récents.

Bilan chiffré de l'ensemble des interventions de l'Institut de juillet 1999 à fin 2015

 

La tour cybernétique de Nicolas Schöffer

Oeuvre de Nicolas Schöffer, un des artistes les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle, la Tour cybernétique (1961) s’inscrit dans un des sites les plus remarquables de la ville de Liège, le parc de la Boverie, entre deux quartiers en pleine mutation, les Guillemins et Longdoz. Sculpture abstraite de 52 mètres de haut, elle marque de sa silhouette métallique le bord de Meuse. Elle se compose d’une ossature tubulaire quadrangulaire munie de bras de longueurs différentes, portant des pales motorisées en aluminium anodisé de formes et de dimensions variées. La Tour, interactive, est commandée par un cerveau électronique qui réagit, grâce à des capteurs, à différents stimuli (température, vent, bruits de la ville, etc.) et déclenche, via des algorithmes cybernétiques, trois types d’action : mouvements (pales
réfléchissantes mues par des moteurs à vitesse variable), sons (diffusion aléatoire de bruits naturels retravaillés et de sons électroniques) et lumières (lumière naturelle réfléchie par les pales le jour, lumière artificielle colorée la nuit). Un « moteur d’indifférence » intervient aléatoirement pour briser toute monotonie dans les réactions de la Tour.


Un lent retour à la vie

Au fil du temps, la Tour s’est tue puis immobilisée. Sa structure s’est détériorée et son dispositif électronique est devenu totalement obsolète. Un travail de longue haleine, rassemblant de nombreux intervenants d’horizons divers, commence alors. Il est marqué par quelques grandes étapes : étude par l’asbl « Les Amis de la Tour cybernétique » (1995) ; classement comme monument (1997) ; début de la procédure de certificat de patrimoine et inscription sur la liste de l’Institut du Patrimoine wallon (2002), qui épaule la Ville tant dans ses démarches administratives que dans ses recherches de financement ; désignation d’une équipe pluridisciplinaire d’auteurs de projet (2007) ; étude de faisabilité et reconnaissance comme Patrimoine exceptionnel de Wallonie (2009), octroi des autorisations (certificat de patrimoine et permis d’urbanisme, 2013), marchés publics, octroi des subsides (2014) et chantier (2015-2016). L’objectif poursuivi est de redonner vie à la Tour, en allant au-delà de sa restauration physique et en la réinterprétant selon les idées défendues par son créateur, à savoir l’évolution de l’art parallèlement au développement technique. La philosophie générale, adoptée avec la caution de Mme de Lavandeyra-Schöffer (veuve de l’artiste et dépositaire des droits moraux), consiste à doter la Tour de technologies de pointe et à renforcer son caractère interactif, notamment en la reliant à internet. Un comité d’accompagnement a été créé en 2015, afin de garantir la maintenance et l’utilisation adéquate de la Tour.

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 L'Abbaye de Villers

L’ancienne abbaye de Villers, fleuron du patrimoine wallon, est un ensemble cistercien parmi les plus prestigieux d’Europe. Elle fait l’objet d’un projet à long terme de développement patrimonial et touristique, mené par l’Institut du Patrimoine wallon, dont la première phase a pu être concrétisée grâce à un cofinancement Europe-Wallonie (programmation FEDER - Compétitivité régionale). L’ambition poursuivie est de renforcer l’attractivité de ce site majeur, en faisant cohabiter respect du patrimoine, diversification touristique et valorisation économique.

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Keramis : le Centre de la Céramique, fruit d'une coopération Patrimoine - Culture réussie

Keramis, le Centre de la Céramique inauguré en mai 2015 à La Louvière, représente un investissement global de l’ordre de 10 Mi €, rendu possible grâce à un cofinancement européen (FEDER-Convergence et Wallonie - Patrimoine) et aux efforts conjoints d’autres acteurs publics de la Wallonie (Politique des Sites à réaménager et Commissariat général au Tourisme), mais aussi de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Culture, de la Ville de La Louvière, de l’Institut du Patrimoine wallon et de mécènes. Il est le symbole d’un dialogue permanent entre le patrimoine et la création, qu’il s’agisse d’architecture ou de production céramique : l’architecture contemporaine se déploie autour de trois majestueux fours bouteilles, classés comme monument ; les pièces produites dans l’ancienne manufacture Royal Boch sont exposées aux côtés d’œuvres récentes. En outre, un atelier accueille désormais des enfants et des artistes en résidence.

 

 

L’hôtel Bourbon de Spa : de l’hôtel de voyageurs aux logements sociaux

Spa, ville d’eau et de jeux en vogue au XVIIIe siècle, accueille en saison de nombreux curistes. Plusieurs modes d’hébergement coexistent, de la simple chambre chez l’habitant jusqu’à la vaste demeure privée, parfois louée entièrement pour loger un notable et sa suite. Les alentours de la principale source urbaine, le pouhon Pierre-le-Grand, ont naturellement accueilli une forte concentration d’hôtels. Ces rues ayant heureusement échappé à l’incendie de 1807, plusieurs établissements ont survécu, comme l’hôtel d’Irlande et son vis-à-vis, l’hôtel Bourbon. Ce dernier, hôtel-restaurant jusqu’au milieu du XXe siècle, abrite une dizaine de chambres et des équipements évoluant au gré des progrès techniques (chauffage central, eau courante chaude et froide, salle de bain, etc.). De la seconde moitié du XXe siècle au début des travaux, le bâtiment, partiellement et ponctuellement occupé, se dégrade peu à peu.

Édifice néoclassique datant de 1774, l’hôtel Bourbon présente une belle façade symétrique en briques et calcaire, sur trois niveaux de hauteur dégressive. Un élégant perron précède l’entrée, qui s’effectue par la travée centrale en léger ressaut. L’architecture est assez sobre, seul le balcon est décoré d’un garde-corps en ferronnerie. Le pignon en grès schisteux et la façade arrière témoignent de remaniements. L’intérieur a malheureusement été dépouillé : les cheminées ont disparu, l’escalier et les planchers en chêne ont été vendus par le précédent propriétaire. Le ruisseau le Wayai, voûté, coule à l’arrière du bâtiment.

Classé comme monument (façades et toitures) depuis le 12 mars 1985, le bâtiment est acheté fin 2000 par l’Institut du Patrimoine wallon. Un projet de réhabilitation en six logements sociaux est monté en partenariat avec la société locale de logements sociaux, Logivesdre, dès 2001. Cette réaffectation permet non seulement de dégager un financement sauvant définitivement le monument mais encore d’en garantir la pérennité. Plusieurs années auront été nécessaires pour concrétiser le projet : inscription du dossier par la Ville de Spa au plan triennal d’actions en matière de logement (2003, notification en 2005 - promesse de subvention de la Société wallonne du Logement), désignation d’un auteur de projet, le bureau Lejeune-Giovanelli (novembre 2005) ; suivi des procédures de certificat de patrimoine et de permis d’urbanisme (délivrances respectives en juin 2006 et janvier 2007) ; octroi des subsides Patrimoine en octobre 2007 ; attribution des marchés publics de travaux et cession du bien en emphytéose à Logivesdre (mars 2008) ; libération des lieux en avril 2009. Le chantier peut enfin démarrer en août 2009 pour se terminer fin juin 2012.

Les travaux consistent en une restauration à l’identique de la façade avant et des interventions contemporaines en façades latérale et arrière. Le pignon doit en effet être percé pour permettre un apport en lumière dans les logements ; les baies en façade arrière sont réalignées. La façade avant est enduite et l’arrière badigeonnée d’un même ton ocre. L’intérieur est réhabilité de manière contemporaine ; la charpente d’origine a dû être cloisonnée et une attention particulière a été apportée à la problématique énergétique : les murs et toiture sont isolés, des châssis double vitrage sont placés. Ces derniers comportent en façade avant des petits bois collés en raison du contexte patrimonial (monument classé sis en centre ancien, avec un vis-à-vis analogue). Les attiques surmontant la porte d’entrée et la porte-fenêtre à l’étage, éléments d’origine, sont néanmoins conservés et restaurés à l’identique.

Le coût global de la réhabilitation avoisine 945.000 € TVAC, dont 850.000 € de travaux proprement dits. Pour mener cette opération à terme, Logivesdre a bénéficié de ± 360.000 € de subventions de la Société wallonne du Logement et de ± 300.000 € de subsides Patrimoine (80 % des postes éligibles proviennent du Service public de Wallonie, DGATLPE, Département du Patrimoine ; 5 % de la Province de Liège et 1 % de la Ville de Spa) et s’est adjoint les services des bureaux Lejeune-Giovanelli (auteur de projet), Exas (stabilité) et Cosetech (coordination sécurité-santé), ainsi que des entreprises Stoffels (gros-œuvre, menuiserie extérieure et parachèvement), Philippart (électricité), Claessens (chauffage-sanitaire) et Houben (ferronnerie).

L’hôtel Bourbon participe ainsi au renouveau d’un quartier dont le visage évolue au fur à mesure de la concrétisation de projets tant publics que privés : restauration de l’hôtel d’Irlande, monument classé qui fut inscrit sur la liste de l’IPW, en 2006 ; aménagement en piétonnier de la rue Dagly en 2009, qui a été suivi par plusieurs opérations de rénovation et d’ouverture de commerces menées par des particuliers ; travaux en cours rue Delhasse, avec le prolongement du piétonnier, l’installation d’une fontaine et d’un éclairage de mise en valeur des deux monuments classés (fin prévue en 2013).

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Inauguration du château du Faing à Jamoigne (Chiny)

Le 9 septembre 2012, dans le cadre des Journées du Patrimoine, a été inaugurée la Maison des Administrations locales de Chiny. Les bureaux de l’Administration communale et du CPAS vont en effet déménager vers un bel écrin : le château du Faing à Jamoigne, monument classé fraichement restauré.

L’actuel château est une imposante construction de la fin du XIXe siècle due à l’architecte Pieter Van Kerkhove. Sa silhouette aisément reconnaissable, avec ses façades ocre ponctuées aux angles de tours circulaires coiffées d’une toiture conique, emprunte ses éléments décoratifs au vocabulaire néogothique. Il est également connu dans la région pour avoir abrité, pendant la Seconde Guerre mondiale, des enfants juifs.

En 2006, le château alors désaffecté est inscrit sur la liste de l’Institut du Patrimoine wallon pour trouver une nouvelle affectation ainsi que le budget y afférent. Le projet de transfert des services communaux, puis de ceux du CPAS, est monté en collaboration avec la Ville. Après la délivrance du certificat de patrimoine et du permis d'urbanisme, ainsi que l’obtention des subsides (Pouvoirs locaux dans le cadre du Financement alternatif et Patrimoine), le chantier démarre en 2010 pour s’achever à l’été 2012.

Sur le site même, la Ville concentrera plusieurs fonctions : outre ses services et ceux du CPAS dans le château, la bibliothèque communale, une salle pour les associations, la police ainsi que l’agence locale pour l’emploi vont prendre place dans les dépendances. La grange voisine abrite quant à elle la Maison des Artistes.
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D'autres biens sauvés

La plaquette des 15 ans de réalisations des missions immobilières de l'IPW